Les conséquences du Covid-19 pour les avocats
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Covid: Quelles conséquences pour la profession d’avocat ?

Si on prête souvent au droit l’objectif d’atteindre une certaine harmonie sociale, force est de constater que sa substance et son application doivent prendre en considération les changements de la société. Or, quel changement est celui imposé par le Coronavirus ! Peu nombreuses sont les transformations pouvant se targuer d’une telle dimension historique, systémique et même symbolique ! Qu’en est-il des conséquences du Covid pour les avocats ?

Notre appareil juridique n’échappe pas à l’onde de choc ! Face aux restrictions sanitaires  et à la modification des préjudices que la société éprouve actuellement, les professionnels du droit doivent composer avec ces changements. C’est particulièrement le cas des avocats, véritables intermédiaires entre la société civile et le système juridique. De plus, ils sont situés en première ligne concernant la réception des problèmes juridiques que peuvent connaitre les justiciables.

 

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Mais alors ? La profession d’avocat peut-elle tirer son épingle du jeu ?

Quelques indicateurs incitent à l’optimisme, comme la hausse des réglementations sanitaires rendant parfois nécessaire l’accompagnement des entreprises, les problématiques économiques qui succéderont au ralentissement de la croissance et pour lesquelles les avocats trouveront à intervenir en matière fiscale ou de restructuring ou encore la hausse des besoins en médiation au niveau familial, conséquence des tensions exacerbées par le confinement.

D’autres changements doivent être pris en compte dans les conséquences du Covid pour les avocats. C’est le cas par exemple de la tendance des justiciables à davantage procéder à des négociations. Cela leur permet d’éviter la voie judiciaire souvent encombrée voire suspendue pour raison sanitaire (cf. Coronavirus et Justice : état des lieux). Les Legaltechs proposent des alternatives pour combiner exercice de la profession et Covid. Elles deviennent ainsi des acteurs incontournables dans la promotion de solutions juridiques et dans l’assistance des professionnels du droit, quand bien même ces derniers porteraient-ils une robe noire.

 

Qu’en est-il de l’évolution des faits susceptibles d’action en justice ?

Par ailleurs, il peut être intéressant d’analyser les conséquences du Coronavirus au regard de la spécialité des avocats. Le service statistique du Ministère de l’Intérieur propose un aperçu de l’importance des différents types de délinquance. Cela aide à déterminer les spécialités qui seront plus ou moins demandées. Ainsi, les crimes et délits enregistrés ont reculé en moyenne de 45% pour la plupart des indicateurs lors du confinement mais il convient de noter que les violences domestiques ont augmenté de 36% dans la zone de préfecture de police de Paris pendant la première semaine de confinement. En revanche, les vols sans violence, les vols violents sans arme, les cambriolages de logements et les vols avec arme ont respectivement baissé de 51%, 45%, 44% et 43%. Cela peut donc donner une idée de l’évolution de la demande des justiciables en matière de représentation par avocat.

Attention cependant ! La crise du Covid n’est pas terminée et peut encore présenter des évolutions insoupçonnées.

En outre, la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement a fait l’objet de plus d’une soixantaine de plaintes, certes très médiatisées mais ne permettant pas de dresser de nouvelles opportunités de développement à l’échelle de la profession des avocats, qui représente somme toute près de 70 000 personnes.

 

Face à ses spécificités, la profession peut-elle facilement s’adapter ? 

Les conséquences du Covid pour les avocats sont diverses. Toutefois, force est de reconnaître qu’elles mettent à l’honneur l’utilisation des nouvelles technologies, notamment en ce qui concerne la visio-conférence. Selon une étude de l’institut de sondage Ifop, 70% des avocats estiment que la crise sanitaire affectera durablement leur profession. Cela peut s’expliquer par l’adoption de nouvelles pratiques devenues incontournables en ces temps de crise sanitaire.  Cependant, ces outils risquent de soulever des problèmes, tant d’un point de vu processuel (quid de la représentation par un avocat en garde à vue ? Une simple visio-conférence est-elle satisfaisante pour assurer une bonne défense ?) que d’un point de vue déontologique (les outils numériques doivent être conçus et utilisés de manière à respecter le secret professionnel, ce qui passe nécessairement par la protection des données).

 

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La profession d’avocat n’échappe donc pas aux changements imposés par le Coronavirus. Ces derniers sont de véritables challenges à relever pour l’une des plus anciennes et des plus traditionnelles professions. Tout semble donc question d’opportunités à saisir ! Et, comme nous le rappelle Socrate, « ce qui fait l’Homme, c’est sa grande faculté d’adaptation ». De quoi nous rassurer quant au futur de la profession…

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